Rodolphe De Maglie, Teamleader Power Electronics / Technology | Liebherr Elektronik GmbH

Bonjour Rodolphe

J’ai lu votre profil LinkedIn dans lequel vous décrivez bien votre parcours, vos motivations et j’ai parcouru votre thèse publiée sur theses.fr





Pouvez-vous nous racontez votre parcours jusqu’à votre thèse et pourquoi le génie électrique ?

J’ai toujours voulu faire du génie électrique : j’ai commencé avec un bac STI suivi d’un BTS en génie électrique. Après avoir fait une année de prépa ATS, j’ai pu intégrer l’ENSEEIHT à Toulouse dans la filière électrique et automatique.

À cette époque, nous pouvions, en troisième année, faire un DEA en parallèle du diplôme d’ingénieur, afin d’avoir la possibilité de nous diriger vers une thèse. L’aspect recherche m’a toujours intéressé et mon stage de fin d’étude au G2elab à Grenoble m’a conforté dans cette direction.

Mon parcours de début de thèse fut un peu chaotique : j’aurais dû commencer un contrat CIFRE avec le G2elab, le LAAS de Toulouse et une entreprise dans le ferroviaire. Cela a malheureusement échoué quelques mois avant le début de la thèse à cause d’une restructuration. Je me suis donc retrouvé au LAAS qui m’a financé sur fond propre. Après ma thèse, ne voulant pas me lancer dans une carrière universitaire, j’ai accepté un poste d’ingénieur dans le pré-développement chez Liebherr Elektronik GmbH en Allemagne. Partir à l’étranger n’était pas un impératif pour moi mais les opportunités ont fait que je me suis donc retrouvé en Allemagne au bord du lac de Constance à travailler sur les applications électroniques de puissance dédiées à l’avion plus électrique. Je n’ai depuis pas changé d’entreprise. Aujourd’hui, je suis responsable d’une équipe de 10 électroniciens de puissance au sein de l’équipe de développement de produits électroniques pour l’aéronautique.

Quels furent les principaux défis de l’intégration à l’étranger ?

Travailler en Allemagne ne pose aucun problème administratif, c’est comme si j’avais déménagé en France. Certes, le système de couverture santé est différent mais pas difficile à comprendre. J’ai été intégré dans une équipe jeune, internationale et en construction donc il y a eu beaucoup d’entraide au début pour, par exemple, la recherche de logement ou comprendre le fonctionnement de l’entreprise.

J’ai aussi eu la chance de travailler aussi avec un français les quatre premières années, cela m’a également beaucoup aidé. La langue est évidemment un défi, j’avais appris l’allemand à l’école en deuxième langue mais cela ne m’a pas vraiment aidé n’étant pas vraiment doué pour les langues étrangères. De plus, les allemands parlent, dans le sud, beaucoup de dialectes. Je parlais donc en anglais au travail lorsque j’ai commencé, tout comme mon collègue français. L’écrit ne fut pas un problème car toute notre documentation se fait en anglais. L’allemand est venu par la suite, mon collègue français étant rentré au pays, je fus bien obligé de m’y mettre surtout lorsque nous faisions des réunions de 10 personnes où tout le monde parlait anglais à cause de moi !

Je conseillerais donc d’apprendre la langue du pays même si tous les collègues parlent bien l’anglais, et ce dès le début et surtout, ne pas céder à la tentation de « switcher » trop facilement à l’anglais. Prendre des cours complète idéalement l’apprentissage de la langue.

Quels sont les différences de culture dans le monde du travail en Allemagne comparé à la France ?

Bien sûr, je ne peux parler ici que de mon expérience car il est difficile de faire des généralités. Au niveau de la culture de travail, il peut y avoir des différences avec le métier d’ingénieur en France. Dans mon entreprise, par exemple, les ingénieurs commencent beaucoup plus tôt que mes collègues de Liebherr France. Ils arrivent entre 6h et 7h et repartent évidemment plus tôt, cela ne pose aucun problème.

Mais de manière générale, il n’y a pas de différence notable et les Allemands ne sont pas, par exemple, plus ou moins ponctuels que les Français. Cela dépend plus des personnes et de la culture de l’entreprise !

Un autre point qui m’a étonné au début est la densité de PME que l’on trouve dans les villages le plus reculés de la région. Le doctorat est aussi mieux reconnu en Allemagne, donc un point positif pour l’évolution de carrière et le salaire. Il n’y a de grandes écoles d’ingénieurs et classe préparatoires comme en France et la voie royale est donc universitaire (Bachelor, Master puis doctorat), mais il me semble que tout cela a aussi bien évolué en France depuis ma soutenance en 2007.

Conseilleriez-vous à un(e) jeune docteur(e) de partir à l’étranger et plus particulièrement en Allemagne ?

Oui, personnellement, je le referais sans aucune hésitation. L’expérience à l’étranger est un vrai avantage dans une carrière et sur le plan du développement personnel. De plus, le sud de l’Allemagne est vraiment attractif pour les jeunes diplômés de par sa forte présence d’entreprises dans les domaines aéronautique ou automobile entre autres.

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